Un arrêt qui confirme nos actions

3 avril 2025 3 Par Collectif ASPF

Cette fois encore, la Cour d’Appel de Nantes confirme le jugement du Tribunal Administratif de Rennes rendu en juin 2023.

Une parcelle agricole

En février 2020, le maire de Fouesnant délivre un permis de construire dans le secteur de Mousterlin, le long de la route de Mestrézec.

Le projet litigieux correspond à la construction d’une maison individuelle.

La vue aérienne (IGN Géoportail) montre une parcelle agricole en culture.

La Loi Littoral, protectrice de l’environnement

La loi littoral est entrée en vigueur en 1986.

Dans un commune littorale, ce dont Fouesnant se targue, seules sont autorisées les constructions réalisées en continuité avec les agglomérations et les villages existants, c’est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions.

L’idée est de concentrer les services, les voies d’accès, d’éviter le mitage et l’étalement urbain sur des parcelles agricoles.

La parcelle sur laquelle est envisagée le projet ne se situe ni en continuité d’une agglomération, ni d’un village. Il ne se présente pas non plus sous la forme d’un hameau nouveau intégré à l’environnement.

C’est donc fort justement que les juges du Tribunal Administratif avaient annulé le permis délivré par le maire de Fouesnant en 2023.

Malgré cela le maire avait interjeté appel.

En ce début avril 2025, la Cour d’Appel de Nantes a confirmé le premier jugement et validé notre analyse.

Pourquoi une telle obstination ?

Cet entêtement sur ce qui s’apparente à un cas d’école ne cesse de nous interroger car le maire de Fouesnant connait parfaitement la Loi Littoral et il n’était pas sans savoir que ses chances de succès étaient bien minces.

Une réponse purement stratégique serait d’interjeter appel afin de contraindre l’ASPF à suivre, sachant que cette phase nous oblige à prendre un avocat, à nos frais bien entendu. La charge de l’avocat de la mairie est, quant à elle, supportée par le contribuable.

Ces tentatives d’assécher nos finances s’avèrent inefficaces car nos actions sont très majoritairement confirmées en appel.

Le projet semblait pourtant bien parti car la parcelle, sur sa partie nord, était passée opportunément d’un zonage agricole sur le Plan d’Occupation des Sols de 1994 à urbanisable sur le PLU de 2016 aujourd’hui abrogé.


plan d’occupation des sols de 1994
PLU de 2016 (abrogé)

Un subtil coup de crayon, qui ouvrait à l’urbanisation, avec ce classement en UHc (constructible) et tentait de coller aux 4 maisons voisines qui ne constituent pourtant pas un hameau.

Ce découpage complètement insensé empiète sur des terres agricoles s’ouvrant sur un corridor écologique et un espace boisé.

En outre, il ne faut pas oublier que le secteur recèle des zones humides comme l’atteste la cartographie du PLU 2016 (abrogé)

On peut, ici encore, s’interroger sur la “linéarité” de la zone humide répertoriée.

Le mot de la fin

Il revient à un proche du bénéficiaire du permis qui avait réussi à trouver le numéro de téléphone du président de l’ASPF.

Il s’était permis de l’appeler un dimanche matin pour discuter “entre gars d’ Fouesnant” et obtenir que l’ASPF retire sa requête auprès du Tribunal Administratif.

Nous rappelons que les décisions sont prises collégialement par un Conseil d’Administration qui rend des comptes à des adhérents.

Et si toutefois, il nous eut été accordé le privilège d’être des “gars d’ Fouesnant“, nous aurions à cœur de préserver ce merveilleux bocage, véritable patrimoine à transmettre.